Entre ce que je serais et ce que je suis... tu étais la première à me prendre dans les bras et j'y ai pleuré pour la première fois. Tu m'as fait voir les plus belles couleurs, les plus beaux bouquets et les odeurs d'été. Tu m'as giflé la peau parfois, mais je te pardonnerai toujours ces actes morts. J'ai passé toute ma vie à tes côtés, et aujourd'hui, parce que nous changeons tous, tu ne me connais plus... Je ne peux même plus te parler, parce que selon toi j'ai tort, et d'ailleurs je sais que j'ai tort. Mais ne crois pas que l'école est pour moi une plaie, j'existe par tout ce que j'ai appris. Je n'ai pas crié depuis tant d'années, j'ai pourtant voulu, tant de fois, tellement... mais je ne crie que lorsque je suis seul. Je n'ai plus envie de parler de ces choses, mais ne pleures pas, je t'aime encore tant. Tu ne regardes que mon avenir, alors plus tard je serais... mais aujourd'hui parce que tu ne regardes pas, aujourd'hui je ne suis rien. Crois tu que je sois ce que tu vois de moi ? Le silence est mon nid et si rien ne change, j'y creuserais ma tombe.
Je ne veux pas vivre mes journées faites du seul plaisir, ou bien c'est utopique... je ne veux pas qu'on m'apporte à bouffer dans ma gamelle, par ma seule volonté. Je veux croire en ce que je fais, mais selon toi je ne fais rien. L'art ne suffit pas, parce que les artistes sont pauvres. Alors je ne serais rien, mais les ponts sont froids, c'est ce que tu penses. Il n'y a pas de vie ratée... Je ne veux pas réussir, je ne veux pas être riche, je veux juste être immortel... J'ai beau pleurer ça ne changera rien. Ils t'ont dis qu'ils regrettaient, mais en ce jour, je ne regrette rien. Je ne regrette pas toutes mes heures noyées dans l'encrier. Je ne regrette pas mes heures musicales, et mes heures de drame. Devant tes yeux, j'ai l'impression de n'avoir aucun talent. Mais ne va pas croire... je t'aime encore tant.
Et si tu as peur de ce que je pourrais devenir, alors je te prouverai ma réussite dans l'avenir. Le travail est à la vie... et qu'ai-je fais le long de mes dernières années ? Tout ce temps passé à améliorer de ce que je pouvait, par ce qu'on m'a appris, mes pauvres écrits. C'est comme ça que je révise mes cours maman, par la pratique, pas en restant étranger aux théories. Mais lors de ces pratiques on ne me donne pas de note. Moi j'y crois, mais sans toi, mes créations n'iront pas loin. Si tu pleur, elles se fanent. J'ai besoin de toi et si parfois je te déçois, c'est contre ma volonté. J'apprendrai à mieux être, puisque je t'aime tellement.

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# Enviado el lunes 27 de abril de 2009 15:00

Modificado el miércoles 29 de abril de 2009 06:56

J'étais si minuscule, aux pieds de cet être pur. Je lui tendis la main mais elle ne m'a pas vu. J'aurais dû lui mordre la chair, pour suivre les impulsions. Lui griffer les lèvres et lui gober les yeux ; afin qu'elle m'appartienne enfin. A moi seul, la belle des horizons. Mais je n'ai pu crier, je suis muet les jours où je suis amoureux. Et les yeux noyés, je suis tombé face au sol, dans une marre de haine et de rage.

Il n'y aurait qu'elle. Je lui dévoilerai alors ce que personne ne sait. Je l'aurais caresser elle, jusqu'à son sang, jusqu'à ses larmes. Dans un landau à jamais je l'aurais bercé. Comme un chien, comme une pierre je serais resté à ses pieds. Me laissant vomir si tel serait l'ordre de ses mots. Et par une étreinte passionnée, j'aurai su renaitre, sur le lit de ses joues et dans la paume de sa main.

Mais la grande n'est pas restée, et moi si petit je ne suis qu'une image au mur.

# Enviado el jueves 19 de marzo de 2009 17:54

C'est en rire que nos mots se déchaînent, au-dessus de la rage et de la mort. La belle amitié se révèle être un baume par ses joies enchantées. L'illusion se tait lors des plus grands moments, ceux où l'on a tant rit, et c'est le mauvais passé qui se voile, ne laissant que le miel d'un rêve éveillé. Elle sera toujours là, la joie, pour nous caresser les yeux, lorsque ces derniers seront noyés. Et c'est en rire que nos maux nous libèrent, au-dessus de la peur et du regret. Notre corps lui-même ne demande que cela ; des perles de sourire pour notre félicité. C'est pourquoi nous chanterons ce soir, à la Lune apaisée, nos vieux contes perdus s'effaçant pour nos belles heures.



C'est en rire que nous irons crever, à faire péter les lois pour une nouvelle fois. Pour encore un peu de ce sucre qui nous tient en vie. Puisqu'ils nous sont propres, le rire et ses apôtres ; puisqu'ils sont les ponts de la nature, pour mourir fiers et dignes d'une vie bien menée. Des viaducs en marbre, hissés sur les plaines vides, trop souvent inondées de nos larmes assassines. Je vous témoigne ce que vous savez : personne ne rira le dernier, nous rirons à jamais, devant l'autel de la vie. A jamais comme des fous, bien conscients de ce que l'on veut.

# Enviado el domingo 15 de febrero de 2009 12:40

Modificado el jueves 05 de marzo de 2009 04:40

La craie est morte, il n'y a plus rien. A chacun de mes regards posés sur toi, tu t'en vas dans le vent et je ne peux que saigner pour oublier. Une tempête est passée par les voies du temps. Et maintenant je ne suis plus rien. C'est la beauté de la vie que de mourir... Mais devant le miroir, ce sont nos yeux qui se noient. J'aurais voulu te tendre la main, pour y bercer l'avenir. Tendre la main pour t'effleurer les joues. Mes yeux sont vides, parce qu'ils ne savent rien. Et ma peau se pèle, parce que je n'ai pu y croire, à cette magie des dieux, à cette liqueur dans nos yeux. Je ne comprendrais jamais, mais je voudrais te voir au loin vers la Lune. Te voir apaisée, prête à rêver. Que la musique et les mots s'envolent en un bouquet radieux. Que les ailes blanches t'envolent, comme un pétale dans le vent. Je n'ai rien vu non, mais j'y crois. Je n'ai rien vu... mais je m'enflamme.
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# Enviado el miércoles 11 de febrero de 2009 15:23

Modificado el miércoles 11 de febrero de 2009 15:36

Mais où est Charlie ? Acte I

Mais où est Charlie ?

Personnages :
A/Le Lanista
Charlie
Léona/Oplomaque
Dezub/Samnite
Djima/Thrace
Omélis/Myrmillon

ACTE I
Le combat contre soi-même



(Les rideaux s'ouvrent sur une scène vide, il n'y a que Charlie dormant à même le sol. La scène est sombre, mais il reste une douce lumière de façon à ne pouvoir deviner que la silhouette de Charlie)

Prologue :

A: Il s'est endormi, il est si beau, si doux, si innocent. Il vogue dans un paisible calme. Comme un bateau sur la plus douce des mers. (au public) Là ! vous sentez ? son esprit s'envole, comme une plume tombe du ciel. Déjà il divague, déjà il flirte avec sa propre poésie, sa propre utopie. Se dire qu'en un claquement de doigts, (il claque des doigts) il vie plus de choses que toute cette salle ne peut en vivre en un jour. (il regarde Charlie, puis le public) Là... voilà... il dort profondément. Il rêve. (avec magie) Le rêve... Voilà encore une rare chose que l'homme ne pourra créer. Une chose qu'il ne peut pas contrôler. Et vous savez pourquoi ? (il s'arrête) Depuis toujours, l'Homme, par sa réflexion et la technique, a sut gouverner ce qui lui faisait face. Et jusqu'à sa mort, il continuera cette marche à la découverte, ne pouvant vivre sans savoir pourquoi. Mais comment commandera-t-il son inconscient ? Lors d'un rêve, il n'est plus apte à réfléchir, donc il n'est plus apte à découvrir. Il ne devient qu'un pâle corps, complètement soumis à son inconscient. Ce que vous allez voir ; c'est son propre rêve (vers Charlie) Ce qui va lui arriver, que ce soit bon ou mauvais, il ne s'en rappellera pas au réveil. Demain, les yeux ouverts, et l'esprit vif, il pourra se lever, mais avant, avant... (en sortant) il rêvera.

(la lumière baisse, jusqu'à plonger la salle dans l'obscurité, le public ne voit pas Charlie, ou sinon qu'une forme noire sur scène)

Charlie : (il se lève contemple les lieux, il annonce) D'abord le lieu ! C'est noir, c'est sombre, c'est obscure. Comme si j'étais à l'intérieur même d'un ½il. Il ne fait ni froid, ni chaud. C'est sombre, mais je vois très bien. C'est une bien belle journée dites donc, ou une bien belle nuit. Voyons voir (il regarde à nouveau) Je vois surtout très bien qu'il n'y a rien. Je ne sais pas où je suis, mais je m'y porte bien. C'est un endroit où l'on transvase, j'ai l'impression de ne plus être moi-même. Peut-être que c'est un lieu pour les dieux ? (il prend peur) Ô puissances incarnées, ayez pitié de ma pauvre hérésie, mais c'est sans volonté que je me suis retrouver ici. Et si par ma présence je souille la pureté de ces lieux, ou que je profane ici votre temple, dites moi où dois-je allez, et j'accomplirai avec grâce votre tâche sacrée... (il attend) Non, je ne suis décidément pas un ennemie des grands. Ici il n'y a trace d'aucun dieu. Mais il réside une certaine magie... Je suis seul... cet endroit est un gouffre, mais il veille sur moi, je le sens... Qui ?! Qui est là ? (il s'approche du public, mais ne le voit pas vraiment) Je vous entends, vous respirez... Qui êtes vous ? Depuis combien de temps m'observez vous ? Ai-je l'air de faire le spectacle ? Ou bien vous êtes fou ? Parce que ma panique, c'est votre rire ! Attendez donc, que mes yeux s'habituent à cette noirceur d'encre, et je vous briserai le crâne, tel un combattant glorieux. Mais, qu'est-ce ? (une lumière s'allume éclairant la scène, Charlie est dos au public. Il reste immobile, puis se retourne d'un geste vif) Ciel ! Un théâtre... un rideau, et des coulisses. Mais qui me tend un piège ? Un malin géni, ou un fou diverti ? Mais qu'est ce que cette mise en scène ? (il crie) Ohé !... personne... (une lumière éclaire le public, Charlie reste figé) Diable ! Qu'est-ce ? Des gens m'observent !... Je vous avais vu ! (il crie) Mais qui êtes-vous ? Des espions ? Des assassins ? Ou bien des serpents ?... Mais votre regard vous trahi, vous êtes un public ?...
(Récitant) « Ô rage, ô désespoir ! ô vieillesse ennemie
N'ai-je donc tant vécu que pour cette... »(entre Léona)

Léona : (le coupant) Mais qu'est ce que tu fais ?!

Charlie : Je sors mon dernier bouclier contre ces milles yeux qui m'assaillent. En récitant ces vers, je me ferai autre, ainsi ces regards affamés ne me mordrons pas.

Léona : Serais-tu assez fou pour mépriser l'honneur que te font ces gens ? Serais-tu assez fou pour...

Charlie : (la coupant) Je ne suis pas fou ! Je suis un gladiateur dans l'antre de l'arène. (en désignant le public) Et d'un glaive luisant je détruirai les jougs et les peurs que cette armée zombie me lance.

Léona : Donc c'est que tu ne sais pas ?

Charlie : Et quoi donc ? Que faut-il savoir ? Et qui êtes vous pour me parler ainsi, et pour venir trancher mon élan dramatique ? (Léona ne dit rien) Alors ! Répondez !

Léona : Tu ne comprendrais pas, puisque tu ne sais pas... Je suis jeune, plus jeune qu'on ne peut le croire. Je viens de naître, lorsque tu as ouvert les yeux dans cette salle noire.

Charlie : (agressif) Va-t-en donc, avant que mon esprit de colère ne reprenne. (elle sort) Qui est elle, cette infâme et grossière prêtresse ? (au public) et vous muets, ouvrez donc les yeux, je ne vois que des milliers de poins noirs dans leurs bulles blanches. Je m'en vais trouver la vérité, et je m'enfuirai de ce cachot maudit où l'on m'a enfermé. (Il sort, puis A entre)

A : Voilà ce qu'est le rêve lorsque que celui qui subit n'y est pas... Vous savez, c'est difficile pour lui. Mais ne vous inquiétez pas, il finira par se rendre compte qu'il rêve. Puis viendra le moment de son apogée, un combat contre lui-même. De là découlera son déclin, vaincu par l'inconscient, ou bien l'éveil de l'être, c'est à dire de Charlie. Il voudra plus que tout au monde se réveiller. Parce que vivre dans cette folie pure, c'est souffrir de frustration. Parce que se reconnaître dans ce qui n'est pas, c'est découvrir un millier d'entailles sur la peau. Regardez le, il revient ! (A sort, puis Charlie entre)

Charlie : C'est pire que je ne le pensais, ce théâtre est fermé, il n'y a rien, pas même de porte. Un théâtre en huit clos. Mais où est le spectacle ? Pas d'acteur, pas de costume et aucun personnage. Rien qu'un public qui regarde fixement et obstinément une scène vide. Où ? Mais où est le sens de tout ceci, qui me piège, qui m'en veut ? Il n'y a pas de temps, et l'espace est perdu, sans ces repères je suis mort. Adieu ! Vous public aveugle, je vous témoigne un testament : cette scène est en sucre, et lorsque j'y pose les pieds c'est par l'esprit que vous la dévorerez. Mais je le dis, dans ce lieu clos je suis perdu. Ce théâtre est un cachot où je m'obstine à trouver un sens. Je perds l'esprit, sur ces traîtres planches.(entre Dezub)

Dezub : Parce qu'ici, il n'y a aucun sens.

Charlie : Alors je peux mourir... sans sens à quoi peuvent servir toutes choses ?

Dezub : Mais je pourrais très bien dire que le seul sens ici, est le fait qu'il n'y en ait pas.

Charlie : C'est impossible, le sens donne raison, la raison nous fait vivre.

Dezub : Mais parfois, la raison tue. Parce que la réalité n'est pas si belle, parce qu'avec déraison, de grands contes vous ont fais voler. Alors on vous a montré de beaux nuages blancs illuminés de liberté. Et c'est ce paradis qui vous brûle. C'est justement parce que vous avez conscience qu'il y a mieux que vous le désirez. Et si vous n'obtenez pas votre but si pur et si parfait, c'est amèrement que vous regretterez toute la vie.

Charlie : Vous ? Vous avez dit : « Vous ». Pourquoi ? Vous vous considérez autre ?

Dezub : Je ne suis pas un homme.

Charlie : Alors quoi ?

Dezub : Je suis un personnage.

Charlie : Ah ! Enfin, un personnage... Vous êtes venu ici, et par cette présence vous apportez un sens à ce vide. Quel est votre rôle ?

Dezub : Dezub, et je n'apporte que ce que tu as demandé.

Charlie : Vous faites là un beau sujet, intéressant et divertissent, mon bon Dezub. Mais vos mots me perdent. Le sens s'est engouffré ici lorsque vous y avez mis les pieds. Mais qu'allez vous faire dorénavant, un monologue pour épater ce publique pétrifié ?

Dezub : Je ne ferais rien d'autre que de te suivre.

Charlie : Jeune sot ! Jamais l'obstination n'a pu conduire au bonheur. Parce que ce n'est qu'avec le recul que nous pouvons maîtriser nos actes. Me suivre tel un chien ? Tu me déçois ; je te chasse de cette scène.
(il cri) Va-t-en ! (Dezub sort) Me voilà à nouveau seul. J'ai éliminé toutes oppositions, je suis le dernier maître de ces lieux ! alors que le fou qui m'a placé dans cette cage me rende la clef... qu'il vienne me libérer ou je lui montrerais de mon poing, un aperçu de réalité... Mais quelle est cette épreuve ? Ne suis-je digne de rien ? Pas même d'un quelconque indice ? Mais non, je pourrais mourir en ces lieux, sans que personne ne m'aide. Alors c'est que cet endroit n'est pas réel. Parce que dans une vie, qui pourrait mourir en tendant la main, sans que personne ne lui prenne ? Mais j'oublis les autres, qui sont mort les yeux ouverts devant des millions de regards, mais ces derniers s'étaient clos. On ne voit pas ce qu'on ne veut pas voir. Alors ces lieux ne sont pas ce que j'ai crus. Qui suis-je ? L'esclave ou le maître de cet endroit maudit ? Un déchet ou une clef... je ne peux savoir qu'une chose, ici rien ne me plais. Je ne peux douter de moi-même, donc ici il n'y a de vrai que ce que je suis, et ce qui m'entour est fraudé par l'inconnu. Alors je me déguiserai, et d'une ruse parfaite je m'enfuirai de cette scène incomprise... (désespéré) Aidez-moi... (entre Djima)

Djima : Pourquoi te mets-tu dans cet état.

Charlie : Parce que je suis prisonnier et dans cette étroite cage, je me suis perdu.

Djima : Et que veux tu comme clef, la vérité, ou le bonheur ?

Charlie : Donnez-moi tout, la raison et la folie. Des tombes en fleurs, et des odeurs mortes. Donnez-moi la clef si cela vous chante, mais je préfère une masse pour ébranler ces décors, et ne voir que ce qu'il y a derrière, ne voir que le vrai...

Djima : Pourquoi le réel se trouve-t-il forcément derrière les décors ? Parce que tu ne vois rien devant, alors tu t'obliges à croire que tout est derrière. Mais peut-être qu'il n'y a pas de porte, et que tout ce qui existe, ne réside qu'en ces lieux.

Charlie : Alors dites-moi quelle est l'issue de ce théâtre maudit ?

Djima : Oh, tu la verras, au levé du soleil, je te le jure, tu la trouveras, et mes mots dans la nuit s'effaceront. En ce moment ta mémoire est un tableau blanc sur lequel je grave quelques lignes que tu oublieras. C'est la belle aube, par ces voix enchantées, et sa lumière dorée qui t'éveillera, alors regarde le ciel, pour apercevoir une douce lumière au loin.

Charlie : C'est un acte mort, et je n'espère plus. Je veux ! J'exige ! sachant que la force est bien plus puissante qu'une volonté éphémère. Et si je ne trouve pas de clef, c'est par cette voie que briserai mes barreaux. Fidèle à moi, fidèle à ma vie je ferai ce qu'il faudra ! Et maintenant sortez ! (elle sort)...
J'aurai aimé, de mes mains bâtir une porte. J'aurai voulu voir ce qui ce cache, mais rien, je n'ai rien. Je reste persuadé d'un mystère... je le sens, je le sens. (au public) Mais pourquoi ne réagissez-vous pas ? Pourquoi êtes-vous là, puisqu'il n'y a pas de spectacle ? Ou bien à défaut de le savoir, je suis personnage et comédien ; ou bien rien n'est vrai. Alors que croire ? puisque mon esprit refuse toutes hypothèses. Mais une chose m'attire, pourquoi ais-je l'impression de ne pas être ? C'est certain, il y a quelque chose que je ne sais pas, et qui m'empêche de trouver le vrai sens de cette mascarade. Je ne veux ni ne peux croire à l'idée d'un malin génie. Je veux croire qu'encore ici, au-delà du réel, j'ai le choix de mes actes. (Il s'assoie et réfléchi) Je ne vois vraiment pas... Et l'espoir condamné se heurte à la raison... Je devrais dormir, on dit que la nuit porte conseil. De plus, lorsque mon esprit s'envolera, je rêverai peut-être d'une existence comme je l'aime, je m'enfuirai alors de ce monde restreint pour m'ouvrir à l'infinie... Je créerais un nouveau monde, fait de neige et de glace. Un monde dans lequel nous verrions tous nos plus beaux reflets... Je devrais dormir... pour rêver... A moins que... (il se lève) A moins que je ne rêve déjà ! Est-ce possible ? Je sens que oui, mais je ne peux en être persuadé. Alors comment en être certain ? (il se regarde) J'ai de la peau, des os et des yeux. Je ne peux me le prouver, mais je le sais. Oh maintenant oui, cette scène et ce théâtre sont les fruits de mon sommeil. Ah c'est donc ça ! C'est donc ça ! Je savais très bien qu'ici, rien n'est réel ! Alors de ce pas, je m'en vais trouvé la voie du réveil. Et lorsque mon corps brisera l'enchantement que je me suis moi-même lancé, je pourrais renaître, et vous disparaîtrez. (il sort, A entre)

A : Maintenant il sait. C'est au travers de vos regards, de cet aspect étrange et de ce qu'il considère d'irréel, que son esprit l'a découvert. Il rêve et il le sait. Il a déchiffré le secret, mais par cette faute son rêve deviendra cauchemar. (il sort, Charlie entre)

Charlie : (il crie) Ah ! (apeuré, transpirant) Je me suis réveillé... mais je rêvais encore. Misère... Qu'est-ce ? J'aurais voulus ne pas naître, pour ne pas me perdre, dans ce labyrinthe sans sortie. Je vis le drame... je vis puis je meurs. Et plus je cherche à m'évader, plus le délire m'emporte. Mon corps refuse de m'écouter. Je suis le défunt, et je m'enterre vivant. Même si je sais que je rêve... même si je sais que je rêve... ici je ne peut savoir qui je suis...
(au public) Mais pour vous, je ne suis qu'un personnage ! Cette offense m'horripile, car maintenant je sais que c'est vous les personnages. Vous êtes les inventions de mon rêve, mes créatures, mes sujets. Mais devant vos yeux grands ouverts, je n'ai l'aire de rien. Quels sont nos rôles ? Au dessus de moi il y a encore un maître. Il y a moi tel que je vis dans ce rêve ; mais il y a plus fort : il y a moi, tel que je dors dans un lit de plume. Vous restez ainsi, après ma découverte à me fixer comme on regarde le lion dans sa cage. Et dans mon panache de rage, je vous dévorerai... mais je ne le peux. Parce qu'au final, je suis victime de mon propre inconscient. Si j'essayais de vous montrer mes crocs, ma gueule ne s'ouvrirai pas... perdu, me voilà perdu chez moi (il sort ; entre A)

A : Prenez place, ici, c'est chez vous. (entrent Léona, Dezub, Djima et Omélis)

Léona : (affolée) Il le sait.

Djima : Il vient de le découvrir...

Dezub : Nous sommes tous mort... vous comprenez...

Omélis : Ô belle issue, donne-moi ta main, puis emmène moi loin. Loin de mon destin. Je n'ai rien à t'offrir, et si par tout acte je pouvais m'évader au travers d'un élan fortuné, alors promets-moi que tu t'ouvriras. Je ne veux pas mourir, parce que dans cet enfer, nous sommes tous condamnés.

Djima : L'Homme a connu les larmes, et il s'est mutilé pour ne plus sentir sur ses belles joues, le liquide salé de ses pauvres jours. Mais nous... nous ne connaissons rien. Parmi les astres il est écrit que le néant nous gardera à jamais. Ici il n'y a rien, il n'y a que lui.

Dezub : Vous comprenez ?...

Léona : Il le sait.

Dezub : Nous n'existons que parce qu'il dort. Pour nous, il est tout. Il est notre roi, il est notre heure.

Léona : Devant

Omélis : il n'y avait rien.

Djima : Et derrière nous ne laisserons rien, pas même un souvenir, pas de magie ni de beauté.

Omélis : Quelle atroce destiné nous a-t-il laissé. Un souffle nous ronge, parce que nous savons tous qu'à l'heure du réveil, nos yeux s'éteindrons.

Dezub : Charlie notre père nous décimera tous. Il nous tuera sans le vouloir. C'est physique : s'il s'éveil, nous mourons.

A : Et il s'éveillera. On ne vous donne pas le choix, vous devez subir, et vous subirez. Ici il n'existe que sa volonté, bien qu'il dorme elle veille encore. Vous êtes des ombres sur un mur noir, des illusions d'esprit, mais vous devez vous tenir droit, pour les biens faits et les ordres de Charlie. C'est votre but, et c'est aussi ce que vous ferez car vous ne pouvez faire autrement. (Djima et Dezub sortent)

Léona : Nous sommes des flammes, et à tous moments, nous pouvons nous éteindre. (elle sort)

Omélis : Nous sommes éphémères, et à tous moments... (Charlie entre)

Charlie : (Il ne voit pas les autres sur scène ; furieux, au public, il crie) Vous vous êtes foutus de moi ! Pour qui m'avez-vous pris ?! Je ne suis rien de ce que vous supposez ! Souvenez vous, je suis le lion de cette cellule ! Le roi féroce, le roi fou. Un fauve lâché sur les pistes du Colisée pour terrifier l'arène entière. Vous vous êtes foutus de moi ! A moi de le faire de vous. Vous êtes venus m'admirer ? Alors admirez-moi ! Si vous êtes un public, je suis votre théâtre. Si vous êtes un navire, je suis votre gouvernail, et je déciderai de tout ! Qui êtes-vous pour me regardez comme ça ? Et qu'elle est cette ... (il s'arrête en regardant A)

A : Si tu es le roi, pourquoi cris-tu aussi fort ? N'es-tu au final, maître de rien ?

Charlie : Que dites-vous ? Comment pouvez-vous, par un acte insensé, défier et interrompre mes paroles illuminées ?

A : Regarde-toi, au milieu de ce désert, à te lamenter sur des questions mortes. Qu'as tu appris ici ? Tu n'as fais que combattre un ennemi invisible. Cet ennemi ne peut être que toi. Qu'est-ce que tu crois ? Que par une rage frénétique, tu pourras t'éveiller ? Mais regarde ces gens, (il désigne le public) de leurs grands yeux doux, ils t'ont offert la plus belle raison de vie, et toi, obstiné, tu leur as craché dessus. Qu'est ce que tu veux à la fin ? T'éveiller, ou bien mourir ici ? Pourquoi ne cherches-tu pas à vivre en ce monde ce que tu ne peux vivre ailleurs. Ici tout est possible, et tu cris dessus ? C'est ton monde, et tu le refuse ?

Charlie : (il cri) Parce qu'ici, mes sens sont mort ! J'ai chercher jusqu'à perte de raison, une faille dans ce labyrinthe. En héros mythique, j'ai combattu les griffes de ma propre folie. Tel le dernier gladiateur, le dernier survivant dans cet amas sans raison ; dans ce théâtre irréel ; dans cette maison des fous... Cet un rêve venu d'ailleurs qui m'arrache l'esprit sans que je ne le sache. Je suis aveugle et sourd, sur le sable de l'arène. Mais piétiné par les heures trop longues, j'ai beau cherché la fin... elle rit de moi, et je m'envase en ces lieux...

A : C'est la peine capitale pour les obstinés. Tu luttes contre toi-même, que crois tu y trouver ?

Charlie : Je ne sais pas ; je ne sais plus...

A : N'est-ce pas possible de vivre dans ses limites ? Tes yeux ne voient pas ? Alors arrête d'essayer de voir ! Cherches ce qui est, plutôt que le reste. (il claque des doigts, à ce moment Charlie fixe le public)

Omélis : (de moins en moins fort, comme une berceuse) Et les petites histoires nous ont baigné dans le vide. Pour que nos yeux fous, rabaptisés par la vérité, s'endorment avec nous, dans une dance de marbre. Les fées volaient dans les aires, laissant la magie nous guider. Lorsque le cavalier est arrivé mais son courage étreint, il s'en va au repos pour regagner le combat. Il lui reste une ultime épreuve : celle de gagner la raison. (A sort sans bruit) Et c'est sous une pluie de laine, que la chaleur nous poussera à gagner l'horyzon, ô les belles contés, ô les belles dorées. (Charlie s'est endormit, Omélis continu en sortant) C'est une terre sacrée que notre propre vie... Et les vents de sable, dans le flou font l'hypnose de nos rages...

# Enviado el sábado 07 de febrero de 2009 11:55

Modificado el sábado 07 de febrero de 2009 12:07